Voiture privée

Voiture privée

Voiture privéeDepuis le xviie siècle et l’apparition des premiers carrosses, on a toujours distingué deux types de transport particulier de personnes : d’une part les « Voiture privée » ou fiacres qui sont les ancêtres des taxis, et de l’autre part les « voitures de remise » qui sont les ancêtres des « voitures de transport avec chauffeur » (VTC).

La principale différence (historique) entre ces deux moyens de transport est que les « taxis » sont autorisés à « stationner » ou « marauder » sur la place publique en quête de clients (d’où l’appellation de « voiture de place »), alors que les VTC ne peuvent travailler que sur réservation préalable et doivent donc être stationnés en dehors de la voie publique lorsqu’ils ne sont pas commandés par un client (dans leur garage, bâtiment que l’on appelait auparavant une « remise » d’où l’appellation de « voitures de remise »).

En France, entre 1955 et 2010, la législation distinguait deux types de voitures de remise: les véhicules affectés à un service de « Petite Remise » et les véhicules affectés à un service de « Grande Remise ».

C’est une voiture mise à disposition, uniquement sur réservation préalable et sans avoir eu recours à la « maraude électronique » qui lui est interdite par la loi Thévenoud, de manière vénale, avec un conducteur professionnel obligatoirement. Cette activité était traditionnellement connue sous le nom de voiture de grande remise ; elle a été transférée du ministère de l’Intérieur vers le ministère du Tourisme pour pouvoir cloisonner la gestion avec les taxis et démultiplier son nombre grâce à l’abaissement du critère de la cylindrée des véhicules jusqu’alors cantonnée aux seules voitures de prestige. C’est le ministère des transports qui en assure aujourd’hui la gestion. On compte en France 13 354 exploitants de VTC au 1er septembre 2015 (7 212 exploitants 1 en février 2014).

L’appellation de « voiture de remise » est apparue à Paris au xviie siècle. Les problèmes de circulation et de stationnement dans les rues étroites aux abords du palais du Louvre et du Château de Versailles encouragèrent les autorités à mettre à la disposition des cochers au service du roi et de la Cour des remises (garages) où ils devraient stationner. Deux catégories de remises coexistaient et leur accès était fonction de la qualité des véhicules et de leurs passagers. Les cochers des carrosses luxueux au service des hauts dignitaires avaient accès à la « Grande Remise » tandis que les autres attendaient à la « Petite Remise »3.

C’est aussi à cette époque que les premiers services de transport particulier de personnes sont apparus à Paris : vers 1640, un certain Nicolas Sauvage, facteur des maîtres des coches d’Amiens, inventa le premier service de carrosses qu’il louait à l’heure ou à la journée, remplaçant ainsi les chaises à porteur. Il établit sa remise rue Saint Martin à Paris. Ces voitures furent appelées fiacres sans doute en mémoire d’un moine des Petits-Pères, nommé Fiacre et dont on accrochait le portrait dans les nouvelles voitures pour les protéger des accidents2.

D’autres suivront l’exemple de Nicolas Sauvage : un entrepreneur, Charles Villerme, se fera donner en 1650 un privilège royal puis en 1657, un certain Pierre Hugon sieur De Givry obtiendra le monopole de « faire établir dans les carrefours, lieux publics et commode de la ville et faubourgs de Paris, tel nombre de carrosses, calèches et chariots attelés de deux chevaux chacun, […] pour y être exposés depuis les sept heures du matin jusqu’à sept heures du soir et être loués à ceux qui en auraient besoin, soit par heure, demi-heure, journée ou autrement, à la volonté de ceux qui voudraient s’en servir pour être menés d’un lieu à un autre où les affaires les appelleraient, tant dans la ville et faubourgs de paris qu’à quatre et cinq lieues aux environs, soit pour les promenades des particuliers, soit pour aller à leurs maisons de campagnes. »